Two states still the best option says Israeli security institute

Ces jours-ci, il n’est pas rare en Israël d’entendre affirmer que la solution à deux états pour résoudre le conflit israélo-palestinien est chose morte, et qu’un état unique entre la rivière et la mer constitue la seule option viable.

De plus en plus, les supporters de l’idée d’un état unique viennent de la droite et même du centre de l’éventail politique israélien. Face à cette tendance, l’Institut d’études sur la sécurité nationale de l’Université de Tel Aviv (Institute for National Security Studies-INSS) a effectué une analyse approfondie de plusieurs modèles de gouvernement à un état. L’étude s’attarde sur les aspects pratiques de ces modèles, en tenant compte d’une large gamme de facteurs. La conclusion : aucun de ces modèles ne fonctionnerait ; la solution à deux états est préférable, malgré ses lacunes.

L’étude de l’INSS a porté sur quatre modèles qui, tous, visaient à préserver à la fois le caractère juif d’Israël et sa démocratie.

1. Un état unique sur l’ensemble du territoire sans aucune frontière interne.

2. Un état avec une autonomie palestinienne, où les Palestiniens s’auto-gouverneraient à l’intérieur d’une zone palestinienne autonome.

3. Un état fédéré, divisé entre un district juif et un district palestinien, où les deux districts jouiraient de larges pouvoirs locaux, mais où le gouvernement central ferait autorité à l’échelle pan-nationale.

4. Une confédération : un modèle avec deux états -l’un palestinien et l’autre juif (israélien)- avec une frontière définie et ouverte entre eux. Un gouvernement conjoint israélien et palestinien fonctionnerait au niveau de la confédération dans des domaines d’autorité particuliers, tels que la sécurité extérieure et le commerce international.

Tous ces modèles prévoient le maintien des colonies en Cisjordanie, mais dans le modèle 2 (autonomie), quelques colonies pourraient être supprimées pour permettre la contiguïté de la zone d’autonomie. Dans le modèle 3 (confédération), les colons seraient résidents de l’état palestinien mais citoyens israélieDans tous les modèles, sauf celui de la confédération, les Palestiniens deviennent résidents permanents d’Israël éligibles à la citoyenneté israélienne. Le modèle de la confédération fait la distinction entre citoyenneté et résidence. Les Palestiniens sont citoyens de l’état palestinien même s’ils vivent sur le territoire de l’état d’Israël, alors que les Juifs sont citoyens de l’état d’Israël même s’ils sont résidents permanents de l’état palestinien.

L’INSS estime qu’aucun de ces modèles n’est susceptible de mener à “une solution du conflit qui serait permanente, stable et positive”, principalement à cause “du potentiel élevé de friction entre Israéliens et Palestiniens dû à la liberté de mouvement accordé dans tous les modèles. Étant donné l’hostilité profonde qui existe entre les deux peuples depuis des dizaines d’années et leurs différences religieuses, culturelles, sociales et économiques, les modèles soulèvent des inquiétudes quant aux tensions qui pourraient mener à des conflits internes violents et ultimement à l’instabilité du pays.”

L’étude souligne que si les Palestiniens ne sont pas autorisés à jouir des pleins droits à la citoyenneté, l’hostilité entre les deux peuples ne fera que s’accroître. Par contre, leur accorder ces droits “pourrait entraîner une altération du caractère juif de l’État”.

Le modèle de la confédération semble moins enclin à entraîner de la friction, car les deux peuples contrôlent leur propre état. Cependant, l’application de ce modèle serait d’une immense complexité. Elle exigerait que les deux parties s’entendent, de façon continue, sur un grand nombre de questions controversées, ouvrant ainsi la porte à de nombreuses querelles.

D’après l’étude, la solution à deux états “présente d’importantes lacunes, puisqu’elle entraîne la partition du territoire et l’évacuation des colonies, en plus de poser des risques certains au niveau de la sécurité. Cependant, comme l’analyse le montre clairement, l’impossibilité d’un modèle basé sur l’union de deux peuples comme solution stable au conflit, conduit inévitablement à la conclusion qu’en dépit de ses lacunes, la partition est en fait la meilleure solution au conflit israélo-palestinien.”

Nous recommandons fortement la lecture de l’étude menée par l’INSS, disponible sur le lien suivant : https://www.inss.org.il/publication/one-state-models/