Annex and Dispossess: Possible real-life consequences of annexationEn termes concrets et réels, qu’est-ce que l’annexion par Israël de certaines régions de Cisjordanie veut dire pour les Palestiniens ?

Pour trouver quelques réponses, La Paix maintenant/Shalom Achshav a entrepris une étude détaillée de l’exemple de Jérusalem-Est, qu’Israël a annexée en 1967. L’étude démontre que de nombreux Palestiniens feraient face à de nouvelles importantes difficultés, principalement à cause de la Loi relative aux biens des absents (Absentees’ Property Law).

Cette loi, adoptée en 1950, permet à l’État d’Israël de contrôler les propriétés qui ont appartenu à des  Palestiniens qui ont quitté volontairement ou non le pays en 1948. Lorsque Israël a annexé Jérusalem-Est après la Guerre de 1967, la Loi relative aux biens des absents n’a pas été appliquée pendant des années. Une dizaine d’années plus tard, le gouvernement Likoud a commencé à profiter de ses dispositions.

Le rapport de La Paix maintenant montre qu’à partir des années 80, le gouvernement a mis sur pied un mécanisme secret pour transférer des douzaines de biens palestiniens situés à Silwan et dans le quartier musulman de Jérusalem-Est aux colons israéliens, en se servant de la Loi relative aux biens des absents et par d’autres moyens à sa disposition.

La méthode était la suivante : des regroupements proches des colons recrutaient des personnes prêtes à déclarer que les propriétaires de certaines habitations ne vivaient pas sur les lieux. Ces déclarations officielles étaient transmises au Gardien des propriétés appartenant à des propriétaires absents, qui certifiait sans plus de vérification que les biens appartenaient à un propriétaire absent. Ces biens étaient ensuite remis au Fonds national juif (FNJ) qui les transmettait à son tour aux colons israéliens.

Ces propriétés n’étaient généralement pas inoccupées. Des Palestiniens y vivaient. Ces familles découvraient alors, par des actions en justice réclamant leur départ immédiat,  que leurs maisons avaient été vendues à leur insu.

Des batailles juridiques, longues et onéreuses, furent entreprises, mettant face à face des familles palestiniennes défavorisées et des organismes puissants et largement financés, tels le FNJ et des regroupements de colons. Quelques familles palestiniennes ont été forcées de quitter leur maison, un petit nombre est parvenu à les garder, et d’autres se battent encore.

Environ ⅓ de la zone désignée pour annexion par le plan Trump (530 dunams) est constitué de terres palestiniennes privées. Benyamin Netanyahou a déclaré clairement qu’il voulait annexer des terres, non pas des personnes. L’expérience que Jérusalem a vécue avec l’annexion montre que des dizaines de milliers d’acres parmi ces terres privées sont susceptibles de faire ainsi partie d’Israël, laissant donc les propriétaires potentiellement “absents” dans des enclaves à l’extérieur des nouvelles frontières israéliennes.

“Ce n’est pas quelque chose que nous verrons la première journée de l’annexion, et cela ne fera pas l’objet d’une grande annonce”, a récemment déclaré au New York Times Hagit Ofran, auteur du Rapport de La Paix maintenant. “Mais le potentiel existe, qu’Israël  non seulement empêchera les propriétaires d’accéder à leurs terres… mais aussi qu’il s’emparera de leurs terres”.

Pour plus de détails sur cette question, vous pouvez participer à une discussion Zoom avec Hagit Ofran le 23 juillet prochain, à 14h (heure de l’Est)

Ce breffage, “Annex and Dispossess” (Annexion et Spoliation), est organisé par Americans for Peace Now.

Hagit Ofran est la co-directrice de Surveillance Annexion, un projet de Shalom Achshav. Elle possède une vingtaine d’années d’expérience sur les questions relatives aux colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Pour vous enregistrer :

Vous pouvez lire le rapport intégral à l’adresse suivante : http://peacenow.org.il/wp-content/uploads/2020/07/Abestnetee_Property_East_Jerusalem_Eng.pdf