Chers amis,

Le coeur gros et fatigués, nous vous écrivons aujourd’hui au terme d’une semaine difficile. Nous soutenons depuis des années les résidents de Jérusalem-Est, de Silwan, de Batan al Hawa et de Cheikh Jarrah, dont les maisons risquent de faire l’objet d’évictions imminentes. L’escalade de la violence à Jérusalem, la répression des prières et des rassemblements du Ramadan et les réactions de plus en plus violentes face aux protestataires pacifiques à Cheikh Jarrah, ont causé chez nous une grande anxiété. Il était évident que nous atteignons un point crucial, et malgré cela la brutalité policière n’a fait qu’augmenter, comme le prouvent les grenades assourdissantes à la mosquée al Aqsa pendant les derniers jours du Ramadan. Lundi dernier, pendant le “Jour de Jérusalem” qui commémore la réunification de Jérusalem en 1967, les extrémistes de droite et leurs dirigeants, notamment Itamar Ben-Gvir, ont défié les Palestiniens de Jérusalem en brandissant des drapeaux nationalistes. Tout ceci se déroulait sous l’égide d’un premier ministre qui n’a plus le mandat de gouverner et qui s’accroche à la dernière chance de conserver son pouvoir.

Nous, les membres de La Paix maintenant, avons offert une vision alternative de Jérusalem cette journée-là, sous le thème “Jérusalem pour nous tous” – une conférence au sein de la Knesset organisée conjointement avec les députés Mossi Raz (Meretz), Emily Moati et Gilad Kariv (parti travailliste). Parmi les invités se trouvaient des organisateurs issus des communautés palestiniennes en danger d’éviction de Cheikh Jarrah et de Silwan, qui ont ainsi bénéficié d’une rare opportunité de parler à des députés israéliens.

There's No Military Solution

Pourtant, le soir-même, nous nous sommes tous retrouvés dans les abris de la Knesset à l’abri d’un barrage de missiles lancés sur Jérusalem. L’instabilité de ce conflit n’a jamais été aussi vraie et apparente. C’est pourtant la réalité quotidienne des résidents de Sderot et des villes entourant Gaza, où les enfants sont habitués à vivre au son des sirènes et à la course aux abris. Cette situation est invivable et il faut y mettre fin.

Les bombardements de civils palestiniens, une routine horrible qui est devenue partie intégrante de la stratégie de violence de Netanyahu, ont repris. Des douzaines de civils innocents, adultes et enfants, ont été tués dans ces attaques. Parallèlement, les missiles de Hamas ont créé un état d’urgence partout en Israël. Pendant toute la semaine, nous – le personnel de La Paix maintenant – avons couru nous réfugier dans nos abris respectifs, comme tous les autres Israéliens, avec nos êtres chers et nos animaux de compagnie, nous demandant ce qui arrivait à nos familles et à nos amis.

De plus, nous sommes terriblement préoccupés par l’escalade de violence entre citoyens israéliens arabes et juifs. Cette violence perturbe la très délicate fibre de notre société. Elle est liée inextricablement au conflit israélo-palestinien, à l’intérieur duquel les extrémistes des deux côtés jouissent d’une influence démesurée et où la violence est devenue la norme. Nous savons que nous avons énormément de travail à accomplir ; nous devons rétablir le lien de confiance qui a été rompu après des années de violence non réprimée. Nous sommes indignés. Indignés d’être forcés à vivre dans un cycle ininterrompu de violence, d’être forcés à vivre dans la peur et d’être menés et malmenés par une mauvaise gestion du conflit.

Le moment est venu de proclamer haut et fort : il n’y a pas de solution par les armes à un conflit politique. Il n’y a pas d’autre solution que la solution à deux états, qui mettra fin à l’occupation et permettra à tous de vivre en paix. Nous savons bien que des deux côtés des frontières, la plupart des gens rejettent la violence et veulent vivre en paix. Le jour est venu d’élever nos voix et d’exiger un nouveau leadership qui s’opposera aux extrémistes israéliens et palestiniens, un cessez-le-feu immédiat et une transition vers des solutions politiques.

Nous sommes de retour au travail, aujourd’hui, à l’écoute des alertes, parce que nous sommes convaincus qu’il faille encourager l’espoir et faire connaître nos opinions. Nous vous remercions chaleureusement de votre appui qui nous permet de poursuivre nos efforts.

Shalom,

La Paix maintenant