Nous sommes outrés du fait que le Premier ministre Benjamin Netanyahu tente de faciliter l’entrée d’un groupe extrémiste et raciste à la Knesset. Grâce à l’intervention de Netanyahu, un parti marginal, Otzma Yehudit (le Pouvoir juif) s’est joint au Parti sioniste religieux, lui aussi d’extrême droite, et au parti Noam anti-LGBT.

Individuellement, ces partis seraient probablement incapables de recueillir suffisamment de votes pour franchir le seuil d’entrée à la Knesset. La coalition, cependant, a de bonnes chances d’y parvenir, et le leader d’Otzma Yehudit est le troisième sur la liste- il pourrait donc obtenir un siège. Netanyahu a encouragé la fusion pour garantir que les votes de droite ne seront pas gaspillés, et qu’il aura des alliés sur lesquels il pourra compter.

Otzma Yehudit est une filiale du parti Kach, dirigé par le défunt rabbin Meir Kahane, celui-là même qui avait été banni de la Knesset dans les années 1980 pour son racisme flagrant. Le parti juif suprémaciste Otzma Yehudit appuie l’annexion de la Cisjordanie, encourage le départ des non-Juifs d’Israël et l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent d’affirmer  leur allégeance au “Grand Israël” et d’accepter un statut inférieur dans un tel État.

Parce que Otzma Yehudit est perçu, même au sein de nombreux partisans de la droite, comme dépassant les limites de l’acceptable, le leader du Parti sioniste religieux, Bezalel Smotrich, s’était jusqu’à présent tenu loin de cette alliance. Toutefois, Netanyahu l’a convaincu par des promesses dont un portefeuille ministériel dans son futur cabinet s’il parvenait à former un gouvernement de coalition.

L’opération de charme de Bibi envers ces odieux racistes n’est qu’une basse manoeuvre  pour s’accrocher au pouvoir et esquiver les accusations de corruption et les comparutions devant tribunal qui planent contre lui. C’est un jeu qu’il connaît bien. En février 2019, Netanyahu a été vertement critiqué en Israël et à l’étranger pour avoir été à l’origine de manigances similaires qui ont presque permis à Otzma Yehudit d’entrer à la Knesset. À l’époque, dans un geste rare contre  le premier ministre israélien, les principaux organismes juifs américains ont dénoncé ces intrigues. L’AIPAC a qualifié Otzma Yehudit de “parti raciste et répréhensible”.

L’indignation internationale doit une fois encore se manifester. Otzma Yehudit n’a pas changé. Qui plus est, le parti Noam, homophobe de nature, est tout autant inacceptable (bien que lui ait moins de chances d’arriver à la Knesset).

Nous demandons à tous les organismes juifs canadiens de condamner cette dangereuse évolution de la politique israélienne. Les pires formes d’extrémisme ne doivent pas devenir la norme en Israël.