Monsieur le Ministre,

Nous demandons instamment au gouvernement canadien de s’élever, à titre d’ami d’Israël, contre le projet dangereux et irréfléchi du nouveau gouvernement israélien d’annexer certaines parties de la Cisjordanie.

Le plan d’annexion a été entériné par un accord de coalition signé de Benyamin Netanyahou et de Benny Gantz, et comprend une clause prévoyant de le présenter à la Knesset dès le 1er juillet.

L’Union européenne, plusieurs pays européens et les Nations unies ont tous récemment exprimé leur opposition à l’annexion unilatérale.

Joseph Borrell, haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a confirmé que l’UE ne reconnaissait pas la souveraineté d’Israël sur les territoires occupés de Cisjordanie et considérerait toute tentative d’annexion comme une violation grave du droit international. La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont fait des déclarations similaires. Le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolaï Mladenov, a prévenu que toute tentative d’annexion aurait des “conséquences dévastatrices pour la solution à deux états”, et nuirait aux efforts d’avancement de la paix dans cette région.

Les Amis canadiens de La Paix maintenant, un organisme formé de Juifs sionistes progressistes, est lui aussi profondément inquiet d’entrevoir la possibilité d’une annexion unilatérale officielle dans un prochain avenir. Une telle mesure entraverait l’espoir d’une solution à deux états et d’une paix future, et se dresse par conséquent contre les intérêts des peuples israélien et palestinien.

Notre organisation soeur, La Paix maintenant en Israël, n’a pas ménagé ses efforts au fil des ans pour promouvoir la solution à deux états et pour protester contre toute mesure qui nuirait à la paix et à la démocratie dans leur pays. En tant que fidèles amis d’Israël, nous exprimons également notre inquiétude pour l’avenir d’Israël en tant qu’état juif démocratique.

La Paix maintenant souligne les coûts diplomatiques, sécuritaires et économiques qu’entraînerait l’annexion pour Israël. “Avant tout, annexer des territoires sans accorder les pleins droits de citoyenneté à des millions de Palestiniens, qui seraient ainsi laissés dans des enclaves soi-disant autonomes sous régime israélien, signifierait la fin de la démocratie en Israël. Qu’il s’agisse d’annexer un colonie ou toutes les colonies, une telle mesure constituerait le début d’un apartheid.

Nous espérons que le gouvernement canadien se prononcera fermement contre le plan d’annexion d’Israël et joindra ainsi les rangs des protestations internationales.

Nous vous remercions de votre considération,


Gabriella Goliger

Présidente nationale
Les Amis canadiens de La Paix maintenant