Il ne fait aucun doute que le fameux plan de paix dévoilé par l’administration Trump cette semaine intensifiera le conflit israélo-palestinien plutôt que de le résoudre. Le plan aborde vaguement la solution à deux états, mais, en même temps, ouvre immédiatement la voie à l’annexion israélienne de l’entière vallée du Jourdain et à l’étendue en Cisjordanie des colonies sous régime israélien. D’ailleurs, quelques heures après le dévoilement de la “vision” de Trump, le gouvernement de Benyamin Netanyahou annonçait qu’il soumettrait son projet de loi sur l’annexion à la Knesset le dimanche suivant.

Le soi-disant futur état palestinien décrit dans le plan Trump serait constitué d’enclaves non-contiguës réparties sur 70 % de la Cisjordanie, ponctuées et séparées par des colonies israéliennes et des routes d’accès censées être permanentes. Ce futur “état” n’aurait aucun contrôle de ses frontières, de ses rues ou de ses villes, agglomérations ou villages, qui resteraient sous contrôle militaire israélien.

Avec son double discours, le plan mentionne un gel de quatre ans sur la colonisation, mais seulement dans les zones réservées à un futur état palestinien (où il n’existe actuellement aucune colonie). Si les Palestiniens rejettent ce plan extrêmement unilatéral, même cette vague restriction sera annulée. Un certain nombre d’autres conditions unilatérales garantit qu’aucun dirigeant palestinien ne peut réellement accepter cette offre. En résumé, ce plan semble être conçu pour garantir un rejet de la part des Palestiniens et poursuivre l’hégémonie israélienne en Cisjordanie.

La vision de Trump est dangereuse en ce sens qu’elle menace de pousser les dirigeants palestiniens en Cisjordanie à mettre fin aux accords et à sa coopération avec Israël, y compris ceux en matière de sécurité. Cela pourrait conduire à l’écroulement de l’Autorité palestinienne et faire passer à Israël la responsabilité de gérer la vie quotidienne des Palestiniens en Cisjordanie.

Cela pourrait également entraîner d’autres répercussions potentielles, telles que :

  • Déstabiliser la Jordanie et mettre en péril le traité de paix avec le Royaume hachémite.
  • Miner plus encore les relations entre citoyens juifs et arabes de l’État d’Israël.
  • Engendrer l’escalade des mesures contre Israël, rapprochant dangereusement le pays de l’isolement international.
  • Décourager les Palestiniens modérés et encourager les extrémistes.
  • Accroître la frustration et le désespoir des Palestiniens, ce qui pourrait les unir dans de nouvelles vagues de violence contre Israël.
  • Augmenter les risques de conflit et donc d’une “solution” à un seul état.

Les Amis canadiens de La Paix maintenant joignent leur voix à celle des autres organismes sionistes progressistes pour qu’un véritable accord de paix et son plan de négociation soient élaborés.

Comme le déclare notre organisation soeur La Paix maintenant/Shalom Achshav,

“Présenter de mauvais projets entraîne de réels coûts en termes de désillusion, de colère et de méfiance entre les parties. Imposer aux Palestiniens un plan unilatéral de la façon dont celui-ci a été annoncé n’est pas pro-israélien. Cette attitude vend un mensonge au peuple israélien et éloigne Israël de la paix.”