Emil Grunzweig (fourth from the right) at the 1983 demonstration. Photo: Varda Kahana

Emil Grunzweig (au centre) lors de la manifestation de 1983. Photo : Vardi Kahana

Le 10 février 1983, cinq mois après les massacres des camps de réfugiés De Sabra et Shatila à Beyrouth, Shalom Achshav organisait une démonstration à Jérusalem pour demander au Premier ministre Menachem Begin et à son cabinet d’adopter les recommandations de la Commission Kahan, dont le rapport final critiquait vivement les gestes et les décisions du PM Begin et du ministre de la Défense Ariel Sharon. La Commission accusait Ariel Sharon d’avoir intentionnellement ignoré le massacre et avait donc recommandé qu’il démissionne de ses fonctions.

La démonstration du 10 février partait du square Zion et se dirigeait vers les bureaux du Premier ministre, rue Balfour à Jérusalem. Très vite, les militants furent encerclés par une foule violente et hostile d’extrémistes qui n’hésitèrent pas à les attaquer verbalement et physiquement. Parmi les démonstrateurs se trouvait Emil Grunzweig, l’un des principaux militants de Shalom Achshav.

Il avait immigré en Israël en 1963, après que sa famille ait survécu à l’Holocauste. Il s’était battu dans  quatre guerres et  en tant que soldat et officier des Forces de défense d’Israël. Convaincu qu’un avenir plus serein et plus pacifique était possible en Israël, Emil avait soutenu  des causes sociales, comme la coexistence et la tolérance entre Juifs et Palestiniens.

Emil avait 35 ans lorsqu’il a été assassiné par la grenade que Yona Avrushmi, un extrémiste de droite, avait lancée dans la foule. Lorsqu’il est passé aux aveux, Avrushmi a déclaré qu’il avait été poussé à poser ce geste par des extrémistes de droite, qui eux-mêmes ont plus tard rejeté cette responsabilité. Neuf autres membres de Shalom Achshav avaient été blessés dans l’attentat.

Le meurtre d’Emil a été la conséquence directe de l’incitation à la violence provenant de l’extrême-droite, une tendance qui, malheureusement, est plus forte aujourd’hui que jamais en Israël.  En 2022, des politiciens de haut niveau sont ceux qui encourageant la violence,  alors que d’autres préfèrent garder le silence.

Cette année, comme tous les ans, les partisans  de Shalom Achshav/Peace Now se souviennent d’Emil lors d’une cérémonie à Tel Aviv.  Les Amis canadiens de La Paix maintenant se joignent à eux pour rendre hommage à sa mémoire et à son legs.  Et avec eux, nous élevons notre voix contre la violence et la haine.

Le Fellowship Award Emil Grunzweig (Prix Emil Grunzweig) des Amis canadiens de la Paix maintenant, établi en l’honneur du militant assassiné, a été créé pour appuyer le travail effectué auprès des camps de la paix par de jeunes leaders appartenant à des campus universitaires. Dans le contexte des restrictions sanitaires dues à la pandémie des deux dernières années, la remise du prix a été suspendue. Toutefois, nous attendons avec impatience le moment où ces activités pourront reprendre.