Les Amis canadiens de La Paix maintenant déplorent le nouveau cycle de violence qui a entraîné le bouleversement de Jérusalem, le bombardement d’Israël par Gaza et les ripostes aériennes de l’armée de défense israélienne sur Gaza. Les vagues de violence se sont également propagées dans certains centres israélo-arabes derrière la Ligne verte.

Nous exhortons toutes les parties impliquées à faire preuve de retenue et à empêcher l’escalade.

Nous condamnons les tirs de roquettes par Hamas et le jihad islamiste, qui visent les civils et entraînent les Israéliens et les Palestiniens vers la guerre. Israël est en droit de riposter vigoureusement à ces attaques. Toutefois, une approche inflexible qui cause des pertes de vies trop nombreuses des deux côtés ne fera qu’amplifier le sentiment de haine et ne résoudra pas les problèmes politiques sous-jacents. En analyse finale, le conflit israélo-palestinien ne peut pas être résolu par les armes.

Les dirigeants islamistes à Gaza exploitent les tensions à Jérusalem pour arriver à leurs fins. Mais cela ne justifie en aucune façon le rôle des autorités israéliennes dans la crise actuelle, comme cela ne les dégage pas de la part de responsabilité qu’ils doivent assumer dans la désescalade. Le gouvernement israélien a encouragé les colons à chasser les Palestiniens de Jérusalem-Est et n’a déployé aucun effort pour contrôler les provocateurs juifs extrémistes de droite.

Le principal élément déclencheur des récentes échauffourées entre protestataires Palestiniens et policiers à Jérusalem était l’éviction imminente de familles palestiniennes résidant à Cheikh Jarrah. Depuis longtemps, La Paix Maintenant soutient que les mesures d’éviction des Palestiniens par les colons et la “judaïsation” des quartiers palestiniens sont à la fois inéquitables et politiquement dangereuses.

Dans le même esprit, le ministre canadien des Affaires étrangères, Marc Garneau, a demandé un “engagement renouvelé envers la paix et la sécurité”. Il a exprimé la profonde inquiétude du Canada vis-à-vis des “colonies, démolitions et évictions, notamment à Cheikh Jarrah”.

La marche du drapeau du Jour de Jérusalem, au cours de laquelle de jeunes Juifs ultranationalistes ont paradé dans la Vieille Ville en intimidant les résidents palestiniens et en faisant la promotion de la suprématie juive, a été un autre élément déclencheur. Cette année, le Jour de Jérusalem, qui commémore la prise de Jérusalem-Est par Israël en 1967, tombe le 10 mai – le jour même où la Cour Suprême devait entendre un appel déposé contre les évictions de Cheikh Jarrah, et quasiment aux derniers jours du Ramadan, fête sainte pour les musulmans. Judicieusement, la Cour Suprême a décidé de remettre son procès. Par contre, les autorités israéliennes ont hésité jusqu’à la dernière minute quant aux mesures à adopter face à la marche du drapeau. Mais de telles manifestations, qui incitent à la haine et la division, devraient être absolument interdites.

Nous applaudissons La Paix Maintenant pour avoir tenu un tout autre événement en l’honneur du Jour de Jérusalem le 10 mai devant le Parlement israélien. Les membres de La Paix Maintenant ont organisé une conférence publique à la Knesset en collaboration avec les députés des partis travailliste et Meretz sous le thème “Jérusalem pour nous tous”. La conférence avait pour but d’éduquer les législateurs israéliens sur la façon dont les organisations de colons juifs confisquent les propriétés des Palestiniens à Jérusalem-Est. La Paix Maintenant était accompagnée de résidents de Cheikh Jarrah et de Silwan, ceux-là même qui ont été déplacés et dont les voix n’ont jamais été entendues dans les couloirs de la Knesset.